Stratégie de base du tête à tête (head’s-up)
26 May 2007 blog reactions
Vous en avez rêvé et maintenant vous y êtes! La finale des finales, le tête-à-tête, le head’s-up pour frimer en anglais. Vous voilà face à un seul adversaire, à 2 pas du titre ou de la “simple” et très frustrante seconde place…
Alors il s’agit de pas faire n’importe quoi. Et le head’s up est en réalité assez complexe à jouer. Il faut faire preuve de beaucoup de sang froid, de créativité et d’une forte agressivité - maitrisée. Un cocktail difficile à composer.
Vous êtes confronté à deux difficultés principales qui modifient radicalement votre façon de jouer.
- Les blinds sont généralement si élevés que votre tapis fond rapidement et que vous pouvez pas vous permettre d’attendre d’avoir de bonne cartes en main.
- La valeur des cartes est très relative. Les probabilités jouant contre vous, les bonnes mains de départ sont rarissimes
Vous n’avez donc pas le choix. Vous DEVEZ être très agressif!
AVANT LE FLOP
Dans le head’sup (j’utilise le terme anglais c’est plus rapide à écrire;)) le bouton est de petite blind. Il est donc dernier de parole aux tours d’enchère mais premier pré-flop, c’est à dire à l’attaque. C’est la situation la plus confortable. Il est conseillé de ne jamais “limper” (caller la big blind) mais plutôt de passer ou de relancer. Une relance classique de 3 fois la big blind fera l’affaire (si vous êtes short stake, un tapis s’impose à la 1ère occasion potable). La fréquence de relance peut varier entre 70 et 100% des “meilleures” mains. C’est selon le type d’adversaire que vous avez. Plus il passera, plus vous relancerez dans le but de l’asphyxier. A l’inverse si vous avez un suiveur, réduisez à 50% et si vous avez un agressifs qui vous sur-relance, reserrez votre jeu au maximum en ne jouant que les meilleures mains.
Du côté du défenseur (la grosse blind), c’est plus délicat. La sur-relance est une arme efficace mais attention de ne pas trop l’utilser sous peine de voir votre adversaire acculé ou énervé vous envoyer le tapis. Faire une sur-relance avec au moins 50% des meilleures mains jouées me semble adéquat. Si le bouton se contente de compléter la mise, n’ayez aucune pitié et relancez le! C’est vous qui avez la position la plus difficile, ça se paye!
Si vos sur-relances sont systématiquement payées, reserrez votre jeu.
APRES LE FLOP
Manque de bol, vous n’avez rien touché! Sur une table complète en 1er de parole, dans une situation pareil vous checkez. En head’s up c’est une autre histoire. Si vous n’avez rien, votre adversaire a toutes les chances de ne pas être plus avancé que vous. Si vous avez relancez préflop c’est même une obligation de miser - un genre de continuation bet - certe classique en head’s up et qui n’effrayera a priori pas trop votre adversaire mais qui dans le doute abandonnera souvent le coup s’il n’a rien touché.
Du côté du défenseur, face à joueur agressif au flop, il est conseillé de ne pas se laisser démonter. Beaucoup de joueurs appliquent ce continuation bet pour voler le pot. S’ils sont payés, ils abandonneront la bataille à l’arrivée de la turn. Le shéma classique de ce cas est :
Pré-flop: Relance -> payée
Flop : Relance (continuation bet) -> payée
Turn: Check -> Relance -> Abandon
Au moment du tournant, la tension monte d’un cran! Le pot commence à être conséquent et les informations dont on dispose, sont très partielles. La psychologie prend le pas. Si vous checkez au tournant, ce sera tout de suite perçu comme une faiblesse la sanction arrivera aussitôt sous forme d’un gros paquet de jeton envoyés sous votre nez. C’est logique. Alors à l’inverse pour pas montrer de faiblesse on peut miser de nouveau sur le tournant, cette fois dans le plus pur style d’un continuation bet “burné” si on pas de jeu fait à ce stade! Ce qui est sûr c’est qu’une relance payée à ce stade du coup signifie sûrement une ambuscade ou un jeu à fort potentiel d’amélioration.
A la river, vous êtes un peu pres fixé sur la force de votre main par rapport à celle de l’adversaire. Un bluff à la river est déconseillé. Si vous en arrivez là, c’est que vous vous êtes sûrement enterré tout seul comme un grand. L’exception confirmant la règle, si vous décidez de bluffer à ce moment, assurez-vous que ce sera en PARFAITE COHERENCE avec tout ce que vous avez entrepris depuis le début du coup.
En premier de parole, un check est une invitation à la relance. Mieux vaut alors anticiper et si on sent une petite faiblesse chez l’adversaire, ne pas hésiter à faire une relance. Par contre en dernier de parole évitez de relancer avec un jeu moyen. Mieux vaut check si votre adversaire vous offre cette possiblité. Bref comme vous le voyez tout est une question de situation et de joueurs. A chaque coups sa tactique la plus appropriée. (C’est d’ailleurs pour ça que j’ai précisé dans le titre de l’article que je parlerais de “bases”:)).
Un mot sur le montant des mises et relances pour finir. En head’s up, vous devez donner le moins d’information possible sur votre main. Pour cette raison, mieux vaut être constant, en misant toujours le même montant que vous ayez une poubelle ou un monstre. Voici donc quelques proportions sur le sujet (en partant du principe que vous avez un tapis un peu près du même niveau que votre adversaire):
- 3 fois la big blind pour une relance pre-flop.
- 4 à 5 fois la big blind pour une sur-relance si la petite blind s’est contenter de limper.
- Entre les 2 tiers et la totalité du pot pour une relance après flop.
